
Cela ressemblait à l’emploi de ses rêves. Il y voyait une véritable chance. Mais pour Myldwin Pierre, un créatif expérimenté qui espérait décrocher un poste de directeur artistique en télétravail, la véritable offre ne s’est jamais concrétisée.
Après plusieurs entretiens par chat avec un « recruteur » d’une marque de cosmétiques du Fortune 500, il a rempli ce qui semblait être des documents d’intégration classiques, notamment des formulaires truffés d’informations personnelles sensibles. Puis est venue la demande : payer d’avance un poste de travail à distance via PayPal.
C’est à ce moment-là que le signal d’alerte est finalement devenu écarlate.
« Ces escrocs sont comme des passeurs de drogue. Ils envoient des centaines de messages. Quelques-uns d’entre nous tombent dans le piège — et c’est tout ce dont ils ont besoin », a déclaré Pierre à Creative Circle.
Malheureusement, son histoire est loin d’être unique. Les arnaques à l’emploi explosent aux États-Unis, s’attaquant à des demandeurs d’emploi motivés avec des promesses de revenus faciles et d’horaires flexibles — mais se soldant souvent par des usurpations d’identité, la ruine financière et une détresse psychologique.
Les jeunes adultes, les jeunes diplômés et les personnes à la recherche d’un emploi à distance sont particulièrement vulnérables, car les escrocs usurpent de plus en plus l’identité de recruteurs sur des plateformes familières comme LinkedIn et Indeed. Ces fraudeurs rédigent des messages convaincants, mènent de faux entretiens et incitent leurs victimes à communiquer des informations sensibles ou à payer d’avance pour une formation et du matériel inexistants.
« C’est un moyen de voler votre identité », a déclaré Mary Bach de l’AARP de Pennsylvanie, selon CBS News. « Ils demandent des choses comme votre numéro de sécurité sociale ou votre permis de conduire, sous prétexte qu’il s’agit simplement d’une candidature. »
Les escrocs ciblent les jeunes adultes et les demandeurs d’emploi à distance
Selon le rapport de risque 2024 du Better Business Bureau (BBB), les arnaques à l’emploi étaient en 2024 la deuxième escroquerie visant les consommateurs par niveau de risque, devant les arnaques sentimentales ou amicales et les arnaques aux achats en ligne.
Dans bien des cas, les escrocs envoient des messages qui semblent légitimes. Une fois leurs victimes ferrées, ils leur demandent de fournir des informations personnelles sensibles ou de payer d’avance une formation ou du matériel de bureau, parfois au moyen de faux chèques, les entraînant ainsi dans une fraude.
« Peu de travail, beaucoup de flexibilité. Ce sont des choses que la majorité des gens recherchent, je pense », a déclaré Cosme Ojeda, directeur régional du BBB de Lubbock. « Très souvent, ils disent qu’ils vont vous envoyer un chèque… et cela vous entraîne dans une fraude au chèque. »
La Federal Trade Commission (FTC) a également constaté une hausse des plaintes pour fraude liées à de fausses offres d’emploi, dont beaucoup concernent des arnaques au télétravail. Pour la seule année 2024, les Américains ont déclaré avoir perdu plus de 450 millions de dollars dans des arnaques à l’emploi.
Les signaux d’alerte à surveiller
Voici comment savoir que quelque chose ne va pas :
- Trop beau pour être vrai : Des phrases comme « gagnez de l’argent en seulement 30 minutes par jour » ou « choisissez vos horaires ».
- Demandes d’informations personnelles : Cela peut notamment inclure le numéro de sécurité sociale ou les coordonnées bancaires pendant la phase de candidature.
- Frais à payer d’avance : Demander un paiement pour une formation, un logiciel ou du matériel.
- Moyens de contact peu professionnels : Des offres reçues par SMS, Gmail ou Yahoo, et non depuis des adresses e-mail professionnelles.
- Faux chèques : Être « payé » par chèque, puis être invité à en restituer une partie.
- Pas de véritable entretien : Être embauché sans véritable processus de sélection.
Comment vous protéger
Les experts recommandent ces mesures pour rester en sécurité :
- Faites vos recherches : Recherchez le nom de l’entreprise, consultez le BBB ou cherchez-la sur LinkedIn. Si le recruteur n’a aucune présence en ligne, c’est un signal d’alerte.
- Utilisez des connexions Internet sécurisées :L’Identity Theft Resource Center (ITRC) déconseille de téléverser des documents personnels comme des CV ou des pièces d’identité via un réseau Wi-Fi public.
- Vérifiez les adresses e-mail : Assurez-vous que le recruteur utilise le domaine de l’entreprise, et non un service de messagerie gratuit.
- N’envoyez jamais d’argent : Les entreprises légitimes ne vous demanderont jamais de payer d’avance du matériel ou des services.
Si vous pensez avoir été victime d’une arnaque à l’emploi, agissez rapidement et signalez-la à la FTC sur ReportFraud.ftc.gov, déposez un signalement auprès du BBB sur BBB.org/scamtracker, ou obtenez gratuitement l’aide de l’ITRC en appelant le 888 400 5530 ou en consultant www.idtheftcenter.org
Le marché de l’emploi est difficile, et les escrocs le savent. Si une offre semble trop facile, trop rapide ou trop généreuse, prenez votre temps, faites des recherches et vérifiez-la. Si une offre semble trop belle pour être vraie, c’est probablement le cas.





